Scientific and film writing workshop 2026 in Tunis

Photo credit: Chaymaa Hassabo

Pour les étudiants des L3, M1 et M2 du département d’anthropologie de l’ISSHT

Financé par l’IRD – Projet ERC LIVE-AR 

Depuis plusieurs années, la révolution tunisienne de 2011 fait l’objet de relectures, de réappropriations et de controverses publiques. La publication d’un film réalisé par le rappeur K2rim (ancien gendre de l’ex-président Zine el-Abidine Ben Ali), ainsi que des vidéos produites par l’influenceur Louai Cherni, ont ravivé les débats autour des récits concurrents de la révolution. Ces productions visuelles, largement relayées sur les réseaux sociaux et sur YouTube, participent à la reconfiguration des mémoires collectives et à l’émergence de contre-récits qui interrogent les représentations dominantes de l’événement.

Dans ce contexte de retour des controverses narratives, cet atelier propose d’interroger les dynamiques contemporaines de production, de circulation et de réception des récits sur la révolution tunisienne. Il s’agira de questionner des citoyennes et citoyens tunisiens qui avaient au moins 18 ans en 2011 afin d’explorer :

  • Comment les événements de 2011 sont aujourd’hui remémorés, réinterprétés ou réévalués ?
  • Quels éléments des mobilisations, des violences, des espoirs ou des désillusions sont mis de côté, atténués ou tombés dans l’oubli ?
  • Quels aspects sont, au contraire, mis en lumière ou instrumentalisés à l’aune des stratégies politiques, médiatiques ou économiques actuelles ?
  • Comment les controverses récentes influencent les mémoires individuelles et collectives ?

L’atelier ambitionne ainsi de travailler la révolution non seulement comme événement historique, mais comme objet anthropologique contemporain, pris dans des luttes symboliques autour du sens, de la légitimité et de la mémoire.

L’atelier s’adresse aux étudiant·e·s de L3, M1 et M2 en anthropologie et articule formation méthodologique, production scientifique et création audiovisuelle. Il entend contribuer à une réflexion collective sur les recompositions actuelles de la mémoire révolutionnaire en Tunisie. Il s’inscrit dans une perspective anthropologique attentive aux pluralités de récits, aux silences, aux oublis, mais aussi aux stratégies discursives contemporaines qui reconfigurent le sens du passé.